La politique du chrétien

Nous passons en ce moment une vague d’élection. Il y a eu les municipales et les régionales. L’année prochaine,  il y aura les législatives et l’année d’après les présidentielles. Dans tous ces évènements, comment le chrétien doit-il voter ? Et d’ailleurs doit-il ou non voter ? Ne vous attendez pas à ce que le pasteur que je suis vous donne des consignes. Cela irait à l’encontre du devoir de réserve de tout ministre du culte. Je pourrai tout aussi bien me lancer dans la critique des extrêmes, en donnant des arguments condamnant telle ou telle idéologie mais, pour la même raison, je ne le ferai pas quand bien même il y aurait de justes arguments.

Regardons la position biblique quant au vote ! Sans aller chercher dans l’ancien Testament, le Nouveau Testament nous montre que cela était une pratique accepté et pratiquée.

Actes 1/20 à 26 « Or, il est écrit dans le livre des Psaumes : Que sa demeure devienne déserte, Et que personne ne l’habite ! Et : Qu’un autre prenne sa charge ! Il faut donc que, parmi ceux qui nous ont accompagnés tout le temps que le Seigneur Jésus a vécu avec nous, depuis le baptême de Jean jusqu’au jour où il a été enlevé du milieu de nous, il y en ait un qui nous soit associé comme témoin de sa résurrection. Ils en présentèrent deux : Joseph appelé Barsabbas, surnommé Justus, et Matthias. Puis ils firent cette prière : Seigneur, toi qui connais les cœurs de tous, désigne lequel de ces deux tu as choisi, afin qu’il ait part à ce ministère et à cet apostolat, que Judas a abandonné pour aller en son lieu. Ils tirèrent au sort, et le sort tomba sur Matthias, qui fut associé aux onze apôtres. » Nous concevons bien, dans ce cas, le choix des deux candidats à la succession de Judas qui s’apparente à un vote par plébiscite mais nous avons un peu plus de mal avec le tirage au sort. Imaginons que nous élisions notre futur président après que les primaires aient désigné les candidats de chaque parti et que nous tirions au sort celui qui gouvernerait. Les résultats en fin de mandat seraient-ils moins bons ? Certes pour que Dieu pénètre nos choix, il eut fallu prier avant !!! Le faisons-nous avant de glisser notre vote dans l’enveloppe ?

Je poserai seulement la question suivante. Si Dieu a choisi Matthias par le résultat du sort alors pourquoi susciter un autre apôtre, Paul, par la suite. Serai-ce que le choix de Matthias était mauvais et que Dieu se soit donc trompé ? Non, bien sûr ! Dieu ne peut se tromper. La conclusion est que Pierre qui a proposé cette élection, lui, s’est trompé. Dieu avait déjà prévu un successeur à Judas, il attendait juste qu’il soit prêt à le rencontrer sur le chemin de Damas. Que devons nous conclure à ce stade ? Les élections ne sont-elle pas nécessaires dans l’église ?

Actes 6/1 à  4 « En ce temps-là, le nombre des disciples augmentant, les Hellénistes murmurèrent contre les Hébreux, parce que leurs veuves étaient négligées dans la distribution qui se faisait chaque jour.  Les douze convoquèrent la multitude des disciples, et dirent : Il n’est pas convenable que nous laissions la parole de Dieu pour servir aux tables. C’est pourquoi, frères, choisissez parmi vous sept hommes, de qui l’on rende un bon témoignage, qui soient pleins d’Esprit-Saint et de sagesse, et que nous chargerons de cet emploi. Et nous, nous continuerons à nous appliquer à la prière et au ministère de la parole. » Il  y eut  donc, ce jour-là, des élections qui désignèrent ce que nous nommons des diacres, des frères s’occupant du domaine administratif de l’église naissante. La décision fût prise car une structure devenait indispensable à la bonne marche de l’église. Encore aujourd’hui, nous élisons nos conseils d’administration qui gèrent les choses matérielles. Le vote est donc important et recommandé dans ce cadre.

Il  y a un cas où le vote est contestable dans l’église et c’est celui des anciens ou des évêques (selon la traduction et la fonction) : Actes 14/21 à 23  «  Quand ils eurent évangélisé cette ville et fait un certain nombre de disciples, ils retournèrent à Lystre, à Icone et à Antioche,  fortifiant l’esprit des disciples, les exhortant à persévérer dans la foi, et disant que c’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu. Ils firent nommer des anciens dans chaque Eglise, et, après avoir prié et jeûné, ils les recommandèrent au Seigneur, en qui ils avaient cru. »

On ne voit nulle part que ce poste soit occupé après élection. On parlera ici de cooptation par le(s) ministère(s) don(s). Mais, selon le texte de 1 Timothée 3/1, il faut qu’il y ait tout de même des prédispositions. On remarquera ceci : les ministères imposeront les mains au(x) candidat(s) afin de le(s) soumettre à la bénédiction du Saint-Esprit, en recherchant sa volonté. C’est dans cet esprit que Paul prévient de ne pas imposer les mains précipitamment.

Dernier cas où le vote n’est pas requit et vous l’aurez compris, c’est pour le ministère don. Citons deux versets qui appuient cette affirmation : Ephésiens 4/11, 12 « Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ… »

Actes 13/1, 2 « Il y avait dans l’Eglise d’Antioche des prophètes et des docteurs : Barnabas, Siméon appelé Niger, Lucius de Cyrène, Manahen, qui avait été élevé avec Hérode le tétrarque, et Saul. Pendant qu’ils servaient le Seigneur dans leur ministère et qu’ils jeûnaient, le Saint–Esprit dit : Mettez-moi à part Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés. » Nous dirons que les deux raisons qui n’incitent pas à l’élection des ministères dons sont leur nature et leur fonction.                                                                                                                                            Leur nature ; ce sont des hommes choisis par Dieu et donnés à Jésus pour l’église, d’où les termes de “ministère don”. S’ils sont élus c’est par Dieu.                                                                                                                                                              Leur fonction ; ce sont des intendants de la doctrine. Ils doivent dispenser sous le regard de Christ et selon la direction du Saint-Esprit, l’enseignement de la Parole en fonction de leur ministère. C’est pourquoi ils seront jugés plus durement que les autres,  leur chute étant d’autant plus grave. Paul a établit Timothée et Tite comme responsables des églises d’Ephèse et de Crête. N’oublions pas que gérer l’église est une œuvre spirituelle, avant d’être une œuvre matérielle. Elle n’a pas besoin de Tyrans mais d’intendants fidèles, rendant des comptes, au final, de leur gestion.  Nous pourrions donc dire que le Père a élu certains d’entre nous pour devenir des responsables d’église(s) devant lui. C’est lui qui tient les comptes de ses serviteurs. Pour autant, nous dirons que c’est comme des disciples que leur vie doit être réglée. Les hommes exerçant le ministère rendent des comptes de leur vie comme n’importe quel chrétien, ni plus ni moins. Pour autant, ils reçoivent l’honneur en conséquence, non de leur personne mais du choix que Dieu a fait en eux. Hébreux 13/17 «  Obéissez à vos conducteurs et ayez pour eux de la déférence, car ils veillent sur vos âmes comme devant en rendre compte ; qu’il en soit ainsi, afin qu’ils le fassent avec joie, et non en gémissant, ce qui ne vous serait d’aucun avantage. »

En contestant le choix de Dieu, c’est avec Dieu que nous contestons, et il y a des conséquences à cette contestation. Ce qui n’exclue en rien la discussion, bien sûr. Rappelons-nous les hébreux dans le désert et ce qui est arrivé chaque fois qu’ils contestaient avec Moïse. Or Moïse était un homme de même nature pécheresse que nous, pourtant Dieu l’a soutenu dans toutes ses décisions. Lorsque celles-ci étaient inspirées certes mais aussi lorsque l’homme de Dieu s’est trompé dans l’affaire du rocher frappé qui a donné son eau au peuple, le bénissant malgré l’erreur de Moïse. Cependant Dieu a agit au niveau de son serviteur, en ne permettant pas que l’erreur soit sans conséquence. Laissons agir la colère de Dieu, elle est bien plus juste que la nôtre ! Jésus nous a enseigné que l’Eglise n’est pas une Démocratie (grec : démos = le peuple et kratos = pouvoir, d’où gouvernement) mais une Théocratie (gouvernement de Dieu) dont l’intendant suprême est Christ, le bon berger. Au jour de la punition, comme David, nous préférons remettre nos vies entre ses mains, par choix, ce qui est le plus important de nos votes.

Pour être complet sur ce thème, nous rajouterons que le terme d’élection est utilisé dans l’épitre aux Ephésiens (ch1/4-6) : « En lui, Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui, nous ayant prédestinés dans son amour à être ses enfants d’adoption par Jésus-Christ, selon le bon plaisir de sa volonté, à la louange de la gloire de sa grâce qu’il nous a accordée en son bien-aimé. » Ici, le terme d’élection désigne le choix de Jésus, comme notre sauveur, par le Père. Si nous comprenons bien ce texte, cela nous conduit à la déduction que Dieu a choisit Jésus comme exécuteur de son plan et que nous sommes donc, par notre dissimulation en lui, élus pour le salut et la vie éternelle. En conséquence, pas de gloire pour nous mais tout est à Lui, pour Lui et en Lui. Cette gloire que Jésus a acquise, rejaillit alors sur nous. Si et seulement si, nous demeurons en Lui. A Dieu soit la gloire.

Pascal LAJOUX


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